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Christina Lumineau imagine des livres pour les enfants !

J'ai rencontré Christina Lumineau lors d'une de mes matinales Caf'Preneurs, je l'ai tout naturellement invitée à nous conter son parcours…

 

Comment t’es venue cette envie de créer ta maison d’édition, pourquoi et surtout pourquoi les enfants ?

Cette idée m’est venue à la fin de mes études, en master Création & Édition Numériques à Paris 8 : j’expérimentais sur le lien entre le livre papier et le numérique grâce à la réalité augmentée. C’était tout nouveau, aucun éditeur ne proposait ce genre d’interactivité, et j’ai eu la chance d’avoir des profs qui me suivaient de près et qui m’ont encouragée à concrétiser mes projets. J’ai tenté un concours pour les jeunes entrepreneurs sortis de fac, je l’ai eu, et grâce à ça je suis rentrée dans un incubateur à Paris, le Labo de l’Édition. Et puis tout s’est enchaîné !

 

J’ai grandi dans les livres, mon père est journaliste et ma mère est professeure des écoles, elle a un CE1 et elle écrit depuis des années pour les enfants. Alors quand je lui ai parlé de mon projet de livres en réalité augmentée, elle a tout de suite vu le potentiel ludique et pédagogique, et elle a décidé de m’aider. J’ai commencé à animer beaucoup d’ateliers dans sa classe mais aussi en bibliothèques pour imaginer, concevoir et adapter notre 1er livre. Plus j’en faisais et plus j’avais envie d’en faire d’autres ! Je me suis découvert une véritable passion pour l’animation et la création avec les enfants. Imaginer des livres pour eux, c’est une évidence maintenant ! Parce qu’en développant ce projet, j’ai réalisé qu’ils avaient en eux la créativité et l’énergie d’inventer un nouveau monde. Pour moi qui suis très engagée pour le climat et la protection de notre planète, j’ai vu à travers les histoires une manière de faire passer des messages aux enfants et de les aider à imaginer un monde plus solidaire.

 

Créer une maison d’édition c’est un sacré défi, comment as-tu vécu toutes les étapes de création ? As-tu rencontré des difficultés ?

Oh oui ! C’est un sacré défi, même une sacrée folie ! Aujourd’hui le monde de l’édition est complètement saturé de milliers de publications à l’année, pour sortir du lot il faut une bonne dose d’huile de coude et de la persévérance.

Heureusement, je suis très soutenue par ma famille et mes amis, et je reçois beaucoup de super retours des lecteurs, c’est ce qui me permet de tenir bon, car parfois je ressens beaucoup de solitude, et je me sens comme un petit poisson qui frétille au bord de l’eau pour survivre.

 

Au début, j’avais beaucoup d’énergie, celle de celui qui ne sait pas que ça va être dur. En sortant des études, on te fait rêver au mythe de l’entrepreneur qui fait ce qui lui plait et qui gagne beaucoup d’argent facilement. Mais j’ai réalisé très vite que tu passes la majorité de ton temps à faire le commercial et à créer du réseau. Ce n’est pas trop ma tasse de thé, moi qui suis plutôt une créative.

C’est cet aspect-là qui pour moi est le plus difficile à vivre au quotidien. Les librairies sont souvent réticentes à prendre mes livres car le côté numérique leur fait peur, et j’ai beaucoup de mal à leur faire voir qu’il s’agit avant tout de livres papier, avec un plus !

Je suis aussi très peu compétente pour la communication et le marketing, surtout en ligne. Je le ressens fort dans mon activité.

 

Quels sont tes modes de communication, quelles actions ont le mieux fonctionnées pour te faire connaitre ?

Ce qui a le mieux fonctionné, au tout début c’était les ateliers que j’animais, avant même que le premier livre soit sorti. Puis j’ai fait un financement participatif sur Ulule qui a été un vrai succès : 250% de l’objectif et plus de 150 préventes du livre. C’était un grand pas pour le démarrage. Ça nous a permis de vérifier qu’il y avait un véritable intérêt pour ce que nous nous apprêtions à lancer. 

Puis lors de la sortie du premier album, nous avons fait appel à une attachée de presse qui nous a obtenu quelques bonnes parutions à la radio et à la TV. C’est ce qui a le mieux fonctionné pour booster la vente en ligne.

 

Autrement, je fais beaucoup de salons, marchés de Noël, ça me permet de me faire connaître mais aussi de connaître mon public, c’est ultra important pour moi ! Pour être sûre que je vais toujours dans le bon sens. Et ça donne de l’énergie.

Pour le moment, la communication en ligne et sur les réseaux sociaux est ce qui pêche le plus chez moi, et qui n’est donc pas efficace.

 

Comment comptes-tu faire évoluer ta maison d’édition ?

Je suis en train d’étoffer mon catalogue pour proposer une diversité d’histoires et de sujets.

Pour le moment, il s’agit d’albums pour les 5-10 ans, mais nous projetons d’ouvrir une branche « petits romans » pour les plus grands.

Je suis à la recherche en ce moment d’un lieu pour ouvrir un atelier/boutique en centre-ville avec d’autres créateurs pour y développer les ateliers autour de mes livres et de créations d’autres artistes.

Et puis je compte agrandir l’équipe en accueillant bientôt un commercial pour développer le réseau de la maison !

 

Comment trouves-tu tes idées ?

Je ne les trouve pas, elles viennent à moi ! Haha. Ce sont les auteurs qui nous envoient leurs manuscrits. Et en fonction des sujets des histoires, nous imaginons quel thème serait intéressant de développer sous forme de documentaire.

 

Pour la conception des livres et des applis, je puise pas mal d’inspiration dans les autres livres, dans les jeux vidéo, et les documentaires que je regarde. Nous travaillons à deux avec ma mère, et souvent à quatre avec l’auteur.e et l’illustrateur.trice. Et puis j’essaie autant que possible d’organiser des « ateliers’kili » où j’invite toutes les personnes intéressées à venir réfléchir et brainstormer sur nos livres ensemble ! C’est souvent très riche et créatif !

 

Raconte-nous une anecdote marquante dans ce parcours.

La première année de création de mon entreprise, une amie m’a proposé de faire un échange de service avec une coach qui cherchait à se faire de l’expérience avec les startups. J’ai accepté, sans trop rien en attendre, étant assez sceptique sur le coaching… À cette époque, je travaillais avec mon compagnon. La première chose qu’elle nous a demandé de faire était de définir nos valeurs. Nous avons pris très à cœur ce travail, qui nous a pris pas mal de temps. Depuis, toute notre vie a changé, personnelle comme professionnelle ! Ce coaching a été hyper bénéfique, comme quoi il faut savoir saisir les opportunités, même quand elles ne nous semblent pas en être.   

 

Laplikili en trois mots ?

Créer – Apprendre – Rêver

 

Parle-nous des valeurs que tu défends via ta maison d’édition et les livres…

À travers les histoires, j’espère inspirer les petits à inventer et créer un monde plus solidaire et proche de la nature. Depuis quelques années, j’ai pris conscience de l’urgence de changer de système pour protéger la planète, je suis très active à titre personnel dans la lutte pour le climat, et je vois à quel point nous, adultes, avons du mal à changer. Alors que les enfants d’aujourd’hui peuvent avoir toutes les clés en mains pour un meilleur demain.

Alors je choisis mes livres avec soin pour qu’ils abordent des sujets rarement abordés dans la littérature jeunesse, pour parler de solidarité, d’entraide, de coopération, de protection de la biodiversité, de symbiose…

 

Enfin quelle est ton actualité du moment ?

Comme je l’ai dit, je cherche un local en centre-ville de Nantes, et surtout, j’ai lancé une campagne sur Ulule pour financer la production de notre prochain album « La Sorcière à roulettes » qui sortira en novembre. https://fr.ulule.com/sorciere-roulettes/

C’est une jolie collaboration avec l’association La Cloche, pour répondre à toutes les questions des petits (et des grands !) sur le monde de la rue, à travers la rencontre surprenante et touchante entre une petite fille et une sorcière au pays des contes !

 

Son site internet

 

Le site est en mode actualisation


Je suis Floriane Resmond Accompagnatrice multi-facettes pour les indépendants nantais qui veulent développer leur entreprise sans prise de tête !